Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka (Ed. Phébus)

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Certaines n’avaient jamais vu la mer est un livre que j’avais repéré depuis des mois.
Les critiques positives que j’ai pu lire au fil du temps, ainsi que le sujet m’ont convaincu d’acheter cet ouvrage. Alors quand je l’ai croisé par hasard dans un rayon, j’ai bondi sur l’occasion.

~*~

couv9861665Titre : Certaines n’avaient jamais vu la mer
Titre original : The Buddha in the Attic
Auteur : Julie Otsuka
Maison d’édition : Phebus
Parution : 2012
Nombre de pages : 139 pages
Prix : 18.25 € (prix original)/ 2€ (prix payé en occasion)
Résumé : Nous sommes en 1919. Un bateau quitte l’Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration.
C’est après une éprouvante traversée de l’Océan pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui auquel elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.
À la façon d’un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées… leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre et la détention dans les camps d’ internement – l’État considère tout Japonais vivant en Amérique comme traître. Bientôt, l’oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n’avaient jamais existé.

 mon-avis

⭐⭐⭐
Un très beau livre, juste et poignant, auquel je n’ai malheureusement pas accroché.
15/20

 Certaines n’avaient jamais vu la mer est un livre assez unique en son genre. Son originalité principale réside dans sa narration à la première personne du pluriel ( le « nous »), originalité ayant plu à beaucoup de lecteurs/lectrices, alors pourquoi pas moi?

Pour tout vous dire, j’attendais pas mal de choses de ce roman parce que le sujet me plaisait totalement.
Certaines n’avaient jamais vu la mer évoque le destin de ces femmes vendues en échange de mariages arrangés à des inconnus. Des Japonaises en route pour une Amérique inconnue. Des étrangères qui au fil des pages se dévoilent et nous font part de la cruauté, du racisme, des difficultés quotidienne d’épouse/de femme/de mère/de femme. Un roman qui évoque la lâcheté des hommes et nous fait part du courage des femmes bien trop souvent oubliées. Des femmes qui ont vécu le meilleur et le pire : des mariages forcés, la guerre, la perte d’un être cher, l’amour, la mort, la maladie, etc… Un livre qui pour une fiction est d’un réalisme déconcertant.

Je ne peux pas le nier, ce livre plonge le lecteur dans une lecture intense, Julie Otsuka, par le choix de cette écriture si particulière nous plonge dans le quotidien de ces femmes, avec franchise et sans filtres. Des phrases « brutes » qui nous immergent dans une réalité bouleversante; le fait est que nous imaginons très bien le destin de chaque femme derrière une phrase et c’est la raison pour laquelle j’ai aimé le ton de l’écriture qui capte avec justesse le quotidien de ces femmes.
Le destin souvent cruel de ces femmes, forcées à travailler pour gagner leur vie dans des conditions souvent difficiles, des destins qui se croisent, s’entrecroisent.

Si le sujet m’a transporté au début, malheureusement le choix du « nous » qui paraissait pourtant prometteur m’a lassé. J’ai eu tout simplement l’impression de me perdre dans ces destins, de ne pas retenir la singularité de chaque femme dans ce brouhaha de voix. Cette succession d’énumérations qui m’avait transportée au début du roman m’a finalement laissée un arrière-goût amer, pour la simple et bonne raison que plus j’avançais dans ma lecture plus j’avais l’impression de lire une liste. Les sentiments qui devaient ressortir de cette lecture, de ces témoignages, ont fini par s’éclipser pour laisser place à de la lassitude.

Je suis vraiment partagée, car d’un côté le sujet du livre m’a beaucoup plu, mais de l’autre côté le choix de l’écriture au « nous » ne m’a pas convaincue.  Ce fut donc pour moi une lecture moyenne.
Certaines n’avaient jamais vu la mer reste tout de même un très beau roman, poétique et à la fois cruel, qui nous plonge dans une partie sombre et oubliée de l’histoire. Malheureusement pense que ce livre n’était pas pour moi.

Bilan

Ce livre avait tout pour me plaire: l’histoire de ces japonaises qui émigrent aux USA, toutes ces femmes et filles finalement trompées/bafouées, prisent dans les tourments de la vie et de la guerre. La condition féminine y est abordée avec dureté et cruauté. Le sujet était intéressant mais la succession d’énumérations au « nous » m’a fait perdre la singularité de chacune de ces voix féminines.

citations1

« Certaines regardaient la photo de leur futur mari, choisi chez une marieuse.
Certaines étaient entassées dans un bateau en direction de l’Amérique, de leur rêve américain.
Certaines avaient quitté leur Japon natal et leur famille dans l’espoir d’une vie meilleure.
Certaines n’avaient même pas quatorze ans et étaient encore vierges.
Certaines allaient se retrouver dans les champs, à travailler durement, ou travailler en tant que femme de ménage, au service des Blancs.
Certaines allaient devoir s’abandonner à leur mari, voire leur patron au prix de leur silence.
Certaines allaient céder au désespoir.
Certaines allaient voir grandir leurs enfants, désolées de les voir si peu enclins à la culture Japonaise.
Certaines allaient devoir affronter les horreurs de la guerre.
Certaines racontaient leurs vies d’exilées et leurs désillusions dans un pays si étranger au leur.
Certaines vous diront que ce livre est véritablement sublime.
Certaines vous diront qu’il est poétique, transcendant, magnifique, tragique, incisif, poignant voire évocateur.
Certaines vous diront que c’est une belle leçon d’histoire.

Certaines n’avaient jamais vu la mer, et n’auraient pas dû…
« 

 auteurJulie Otsuka est née d’une mère américaine d’origine japonaise et d’un père japonais.  En 2012, son second roman « Certaines n’avaient jamais vu la mer » (The Buddha in the Attic, 2011) a reçu le PEN / Faulkner Award for fiction et le prix Femina étranger. Elle vit aujourd’hui à New-York.
[Babelio]

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2 réflexions sur “Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka (Ed. Phébus)

  1. […] Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka (Phoebus): Un livre qui n’était malheureusement pas fait pour moi. Son écriture particulière ne m’a pas transportée jusqu’à la fin. Un bon roman tout de même que je conseille de lire rien que pour le sujet. ☆☆☆ ¦ 15/20 L’article : https://masquedutemps.wordpress.com/2016/09/03/certaines-navaient-jamais-vu-la-mer-de-julie-otsuka-e… […]

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