Godblind, tome 01 d’Anna Stephens (Ed. Bragelonne)

Nous verserons donc le sang, et cela ramènera nos dieux en Gilgoras. Notre sang et celui des païens, versés ensemble, mêlés pour sanctifier la terre et la rendre digne de Leur Sainte Présence.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un livre que j’ai abandonné : Godblind d’Anna Stephens. Il m’arrive rarement d’abandonner une lecture, à moins d’avoir une ou plusieurs raisons valables, et je préfère m’accrocher pour savoir quel sera le dénouement final. Par exemple, il y a quelques semaines j’ai failli lâcher La Magie de Paris à deux reprises avant de finalement le terminer, toutefois cette fois après plus de 190 pages  (soit 1/4 du roman) je me suis rendue à l’évidence : je perdais mon temps. Alors pourquoi avoir arrêté ?

 Je remercie  Net Galley France et les éditions Bragelonne pour ce roman.

Titre : Godblind • Tome : 01/ 03
Auteur : Anna Stephens
Maison d’édition : Bragelonne
Traduction : Arnaud DEMAEGD
Illustrations :
Fabrice BORIO, Mikaël BOURGOUIN
Parution VF : 18/10/2017
Nombre de pages : 408 pages
Prix : 28 € (papier)
Genres : Fantasy, High Fantasy, GrimDark
Résumé : DEPUIS DES MILLÉNAIRES, LES MIRÉCÈS ADORENT LES DIEUX ROUGES ASSOIFFÉS DE SANG. Bannis des terres fertiles du Rilpor, ils vivent à la dure dans les montagnes glacées. Mais leur nouveau roi planifie l’invasion de leur pays d’origine… alors que le prince de Rilpor, qui conspire contre son père dont il convoite le trône, se tourne à son tour vers les sinistres rituels des Dieux Rouges. Dom Templeson fait partie des Sentinelles qui veillent sur la frontière. C’est aussi le devin le plus puissant que l’on ait vu depuis des générations. Et il cache de sombres secrets qui risquent d’être révélés le jour où Rillirin, une esclave mirécès en fuite, fait irruption dans son village, blessée et à bout de forces. Grâce à leurs dons comme à leurs liens avec l’ennemi, Dom et Rillirin pourront-ils sauver le Rilpor de la guerre qui s’annonce ?

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mon-avis

« Abandon par K.O. »

⇢ Note : 06 / 20

 Godblind est un livre que j’ai repéré grâce au bouche-à-oreille sur les réseaux sociaux. Aussi, lorsque j’ai vu qu’il était disponible sur le site Net Galley, j’ai sauté dessus immédiatement et j’étais très heureuse d’avoir le privilège de le découvrir. Je me suis donc aventurée dans la lecture de Godblind, roman que l’on range facilement dans la Dark Fantasy (le Grimdark pour être précise) avec ses scènes sanglantes et ses dieux rouges fanatiques de l’hémoglobine.

Un scénario alléchant.

Godblind est un roman de Fantasy qui se base sur une guerre entre deux peuples, dont les religions divergent, d’un côté les gentils et de l’autre les méchants. Classique vous avez dit? Entre les Mirèces, les adorateurs des dieux rouges, et les Rilporiens, les adorateurs des dieux de la lumière, le torchon à brûlé depuis fort longtemps. Les Miréces, ont été exilé dans une contrée froide où il n’y a que des cailloux à sucer. Miséreux, ils rongent leur frein en versant le sang dans l’espoir que leurs dieux reviennent les soutenir pour regagner leur royaume. Comme ils s’ennuient, ils massacrent tout ce qui bouge et ruminent leur vengeance. De temps en temps, ils lancent des raids contre les gentils Rilporiens juste pour rappeler qu’ils sont en vie et bien décidés à regagner leur puissance d’autrefois. Nous allons donc suivre plusieurs personnages, dans les deux camps, qui tentent de survivre dans un univers plus que sanglant.

Sur le papier, le roman paraissait très tentant… mais… quelle déception! Pourtant je suis amatrice de mythologie, et sincèrement les scènes gores ne me dérangent pas : alors qu’est-ce qui s’est passé?

Une narration hachée et des personnages creux.

Mon premier problème fût avec la narration choisie par Anna Stephens. Godblind est un roman choral, nous suivons plusieurs personnages/points de vue différents à chaque chapitre. D’un côté nous avons les Rilporiens et de l’autre les Mirécès. Le Bien et le Mal. Je ne suis pas contre une histoire classique, pas quand le reste du roman peut être génial, toutefois je n’ai pas accroché du tout à ce roman. J’ai même été très déçue.

Dans ce premier tome, nous suivons pas moins de 10 personnages différents : 10 points de vue. Peut-être plus… J’ai arrêté de compter. Et j‘ai râlé pour moins que ça. Je ne suis pas allergique à ce genre de narration, contrairement à ce que je pensais, j’étais préparée psychologiquement à suivre plusieurs personnages, pourtant, je n’étais pas préparée à brasser du vent pendant plus de 190 pages.

Les chapitres sont beaucoup trop courts : ne dépassant pas 10 pages pour chaque personnage (chaque point de vue). On passe beaucoup trop rapidement d’un lieu à l’autre, d’un personnage à l’autre; le récit est tellement haché qu’il est difficile de se repérer et il est presque impossible de s’attacher aux personnages. Et autant être clairs : certains chapitres n’apportent rien du tout à l’intrigue.

Concernant les personnages, j’ai été à peine marquée par la moitié d’entre-eux tellement ils sont creux. Le personnage de Rillirin, par exemple, est pourtant un des personnages les plus importants dans cette guerre opposant les deux camps. Elle est une esclave battue, violée qui s’affranchit et qui devient une guerrière. Excellent? Non, car j’avais envie de lui en coller une tellement elle est idiote. Le seul que j’ai apprécié est Crys, j’ai totalement adoré ce personnage, il a de l’humour, du charme et du charisme. Mais les autres…. il aurait fallu passer plus de temps avec eux, rallonger les chapitres, pour vraiment être marqué par leur personnalité. En plus la plupart sont trop stéréotypés, ils sont sans saveur, pas nuancés, certains sont de vrais girouettes tant leur personnalité peut varier d’une situation à l’autre. En moi qui adore mettre un nom sur un visage, nous avons tellement peu de descriptions physiques sur les personnages que j’ai failli en pleurer. Pour ne rien arranger, je ne sais pas si c’est une impression mais les personnages ne sont pas des modèles d’intelligence. Je n’aime pas dire ça, mais là je me sens obliger de le signaler.
Exemple numéro 1 : un des personnages, un traître, livre son plan machiavélique alors qu’un des héros est présent derrière lui. Comme par hasard. Niveau discrétion et suspens on repassera. C’est tellement évident de livrer son plan secret comme ça au milieu de tout le monde. 
Exemple numéro 2 : Rillirin (l’esclave évadée) ne trouve par le besoin de livrer les informations qu’elle possède et des dizaines de personnes parmi les Loups (les sentinelles Rilporiens) se font massacrer par les Mirécès à cause d’elle. Alors elle se fait rejeter par les Loups avec le gentil Dom, qui lui a sauvé la vie et tout le monde se réconcilie comme si de rien n’était.
Les loups sont censés être des guerriers… Dom est un des leurs, un frère d’arme et c’est un personnage important -il est le Calestar, un homme possédant le don de clairvoyance- donc il est censé être un minimum respecté. Mais non… Dès les premiers soucis, ses camarades le lâche : quel bel exemple de solidarité, de respect et d’intelligence! Et puis la réconciliation…

Des raccourcis scénaristiques qui ne passent pas.

Mon impression générale est que Anna Stephens tire les ficelles avec peu de subtilité, arrangeant les situations et les personnages à son bon vouloir sans se soucier d’une quelconque cohérence. Rillirin parvient avec facilité à s’échapper du château (où sont les gardes? Pourquoi personne n’arrive à l’attraper alors qu’elle se débrouille comme un manche dans tout ce qu’elle fait?), Dom tombe facilement sur cette pauvre Rillirin (bon… il a des visions ça aide…), les déplacements des personnages se font aisément (dans un monde où on aimerait connaître la géographie… ben on apprend rien), etc. Pour ne rien arranger, l’intrigue est ultra classique… Les rebondissements sont présents  mais ils surgissent probablement d’un chapeau magique, ou alors ils sont totalement prévisibles -entre autre parce que l’on suit plusieurs personnages et que certains dévoilent leurs plans gâchant totalement les rebondissements-.

Un roman trop survolé.

Le résultat de ma lecture est catastrophique comme vous l’aurez compris. J’ai quand même décidé de parcourir le reste du roman pour connaître le dénouement. Conclusion ? Je n’ai pas de regrets. L’ensemble du roman ne m’a pas paru cohérent, encore moins crédible, il y a trop de raccourcis et le langage vulgaire . Des Rilporiens se font tuer par des Mirécès, parce que leurs dieux veulent du sang. Concernant les deux peuples : on ne sait rien d’eux d’un point de vue culturel ou historique, ni de la mythologie. Les gentils dieux et les méchants dieux se font la gueguerre depuis des lustres. Pourquoi? Comment? Qui sont-ils ? Quels sont les pratiques religieuses? A un moment nous suivons l’Elue des dieux rouges, qui fait appel à la déesse de l’Ombre, je me suis dit qu’on allait enfin avoir des détails sur les pratiques Mirécès. Mais non…
Dans l’autre camp, ce n’est pas mieux. On nous sort des dieux de lumière… Une déesse (on suppose) que l’on nomme la Danseuse. Et un dieu Renard, protecteur des voleurs. J’ai pensé à la mythologie japonaise à un moment : la Danseuse assimilée à Amaterasu, le dieu Renard à un Kitsune.

Beaucoup de sang est versé dans le roman. Les scènes de combat sont probablement l’élément le plus intéressant de ce roman. Évidemment l’ensemble est assez gore, les Mirécès aiment le sang et la torture. Malheureusement j’ai eu beaucoup de mal à trouver les passages gores crédibles. Alors si vous aimez le sang, le sadisme, les descriptions gores et le langage vulgaire n’hésitez pas. Pour le reste ce sera sans moi.

 ~Ξ~

Les points positifs :
– Les couvertures VO et VF
– Crys

Les points négatifs :
– Trop pour être listés

BilanJe ne dirais que ces trois mots : abandon, déception et amertume.

Aspect général du livre (3/5) • Univers/thématiques (2/5) • Écriture (1/5) • Intrigue/Personnages (1/5)

 

auteur

Anna Stephens est membre du Groupe des Auteurs de Birmingham, un collectif d’écrivains dont le penchant pour Doctor Who confine à l’obsession collective. Elle est ceinture noire deuxième dan de karaté Shotokan et a l’habitude de se prendre des coups dans la figure, ce qui s’avère plus utile qu’on pourrait le penser en matière d’écriture de scènes de combat.
Avant même sa sortie officielle, Godblind, premier roman de Fantasy magistral au style incisif et brutal, avait déjà été acquis dans plusieurs pays.

 

Babelio // Livraddict

Source des images :  Livraddict et Google (Gif et Images)

ISBN :  9791028103910

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