Le Roi des Fauves d’Aurélie Wellenstein (Ed. Scrinéo)

Tu vas vivre l’enfer, poursuivit-il. Tu te changeras en monstre, et je viendrai te traquer, toi et tes amis. Je te chasserai et je t’avilirai. […] Puis quand j’aurai fini de te briser, je t’emmenerai pourchasser les tiens, tes parents, tes amis, tous les gueux de ton village. Tu te repaîtras de leur chair, et ça te plaira.

Bonsoir,
Ce soir je vais vous parler d’un récit angoissant, d’un univers tellement sombre qu’il va vous faire pâlir, celui du Roi des Fauves. Le Roi des Fauves d’Aurélie Wellenstein a remporté le Prix des Halliennales 2015, et je comprends pourquoi à présent puisqu’il s’agit de mon plus gros coup de coeur de l’hiver 2017-2018.
Ce roman qui m’a tout de suite attirée grâce à sa couverture énigmatique, et je remercie chaudement Mutinelle [https://mutietseslivres.com/] (pour ce super lot gagnée) et les éditions Scrinéo grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

 

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Titre : Le Roi des Fauves
Auteur (e) : Aurélie Wellenstein
Maison d’édition : Scrinéo
Illustration : Aurélien Police
Parution VF :
21 Mai 2015
Nombre de pages : 352 pages
Prix : 16.90 € (papier)
Genres : Fantasy, Thriller
Résumé : Poussés par une famine sans précédent, trois amis, Kaya, Ivar et Oswald, prennent le risque de braconner sur les terres de leur seigneur, mais son fils les surprend. Au terme d’une lutte acharnée, ils laissent le noble pour mort. Capturés et jugés pour tentative de meurtre, les trois amis sont condamnés à ingérer un parasite qui va les transformer en « berserkirs ». Au bout de sept jours de lente métamorphose, ils seront devenus des hommes-bêtes, et leur raison s’abîmera dans une rage inextinguible. Le temps de cette transformation, ils sont enfermés dans Hadarfell, un ancien royaume abandonné, dont le passé et l’histoire ont été engloutis par le temps…

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mon-avis

« Une lecture délectablement sombre. »

⇒ Note : 17 / 20

En ouvrant Le Roi des Fauves, je ne m’attendais certainement pas à trouver un univers totalement sombre. La longue descente aux enfers de nos personnages principaux fût une découverte aussi cruelle que saisissante.

Un univers brutal.

Ivar, Kaya et Oswald, trois amis, survivent difficilement à la famine touchant leur village. Ils prennent alors la décision risquée de partir chasser sur les terres de leur seigneur, un fait interdit par les lois. Bravant les risques, ils s’aventurent dans la forêt, et ils parviennent à trouver du gibier, mais alors qu’ils pensaient être tranquilles, ils se font surprendre par celui qu’ils redoutaient de croiser. La situation tourne mal, et nos trois amis ne parviennent pas à échapper à la justice du seigneur (du Jarl). Ils sont alors condamnés à un destin terrible, bien pire que la mort : se transformer en bêtes, en Berserkirs.

– Dans le coin, quand les mômes sont pas sages, on les menace de leur faire avaler le lehring.
– Le quoi ? fit Oswald.
– Le maudit parasite qui prend possession de votre âme et vous change en bête enragée.

Autant vous prévenir tout de suite, si vous voulez lire ce livre, Le Roi des Fauves est un roman totalement sombre. Nos héros vont s’enfoncer dans une spirale infernale, dont le dénouement est incertain pour eux. Dans le malheur qui les touche, je me suis demandée quand toute cette horreur allait atteindre son apogée, et quand allait apparaître une petite lueur d’espoir ans les ténèbres. Je ne vous cache pas que le point final était aussi surprenant que cruel.

Dès le départ, nous sommes confrontés à l’univers dans lequel ces jeunes adolescents ont grandi. Un milieu où les pauvres meurent de faim parce qu’ils n’ont plus rien à manger, alors que les plus riches (les seigneurs) les laissent mourir de faim et/ou attendent tranquillement qu’ils enfreignent les règles leur interdisant de chasser pour pouvoir les transformer en bêtes. Nos personnages principaux font face à la réalité de manière brutale. Plusieurs thèmes sont abordés rapidement : l’injustice, l’indifférence des plus riches envers les pauvres, la cruauté envers autrui, la condition animale, le viol, etc. Un univers à ne pas réserver aux plus jeunes.

Une inspiration nordique bienvenue.

L’inspiration du Roi des Fauves provient très clairement des légendes nordiques. Les paysages sont beaux, effrayants. Les pleines verdoyantes côtoient les montagnes enneigées. Nos héros se retrouvent enfermés dans un royaume ancien, où la magie existait alors. Nos héros vont être confrontés aux Berserkirs, des créatures bestiales, qui étaient humains autrefois. Petit rappel : Les Berserks ou Berserkirs sont des guerriers-fauves qui combattent en invoquant l’esprit animal en eux. La présence de la magie, de ces créatures et des décors m’ont fait énormément apprécié Le Roi des Fauves.

La chair et le sang.

Sur fond de rites païens, le roman nous entraîne dans un univers sanglant, où les chairs se transforment, où les corps souffrent et le sang coule à flot.

La jeune fille tendait les mains dans sa direction – puis son corps éclata, ses organes giclèrent de tous côtés en une explosion géante. Des projections rosâtres et molles éclaboussèrent Ivar.

Les scènes d’action sont brutales, sanglantes et la cruauté de certains personnages est poussée à son paroxysme. En parlant de cruauté : les scènes de tortures sont communes, le sang coule entre chaque chapitre et certaines scènes testent votre capacité à ne pas vomir sur votre livre. Personnellement, j’ai trouvé les descriptions assez gores certes, mais comme j’ai vu et lu pire, j’ai apprécié qu’il y ait ce genre de descriptions, qui collent parfaitement au côté sauvage de l’oeuvre.
Pour vous donner une idée des scènes que l’ont peut trouver, lors de ma lecture du Roi des Fauves, une image m’est apparue subitement. Durant une scène quelque peu gore avec les lehring (les vers transformant les humains en bêtes), c’est celle du sanglier dans Princesse Mononoke qui m’est apparue.

Il y a encore un homme en lui, avisa Ivar, mais il est très loin.


Avec le sang et les vers qui grouillent oui.

Un Thriller angoissant.

Le roman explore le côté primitif de l’être humain ainsi que les tréfonds de l’âme humaine. Les thèmes sont durs, les personnages principaux ne sont pas épargné. La seule lueur d’espoir qui se dégage de ce roman arrive en un point final parfaitement maîtrisé. Une fin qui ouvre toutes les possibilités. Comme vous l’aurez compris, Aurélie Wellenstein nous livre un roman angoissant. Un roman qui aurait pu être encore meilleur, car quelques personnages manquaient peut-être de développement, et qui a pourtant fait mouche personnellement. Je vous le conseille vivement.

~∞~

Les points positifs :
– Un roman 100% sombre
– L’univers inspiré des légendes nordiques
– Un roman qui nous colle des sueurs froides

Les points négatifs :
–  Beaucoup de noirceur
– Des personnages qui auraient pu être développé un peu plus

BilanJe suis tombée sous le charme de ce roman totalement sombre.
Les personnages souffrent, la narration est angoissante et l’univers immersif.
Nul doute que je vais surveiller les écrits d’Aurélie Wellenstein à l’avenir.

Aspect général du livre (4.5/5) • Univers/thématiques (4.5/5) • Écriture (4/5) • Intrigue/Personnages (4/5)

auteur

A 32 ans, Aurélie Wellenstein vit en région parisienne avec une loutre, un berger allemand, son cheval intérieur et ses nombreuses autres personnalités. Que ce soit pour la lecture ou l’écriture, son domaine de prédilection est la SFF. Elle est l’auteur d’une vingtaine de nouvelles publiées ou à paraître.

Source des images :  Livraddict, Giphy

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3 réflexions sur “Le Roi des Fauves d’Aurélie Wellenstein (Ed. Scrinéo)

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