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Miss Dumplin (Ed. Michel Lafon)

Parce que la vie n’est pas une rivière et qu’on ne coule pas tous dans la même direction.

Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue pour cette chronique dominicale. Lorsque Miss Dumplin est sortie, j’ai vaguement lu quelques passages de critiques qui en faisait les louanges. Je souhaitais me faire ma propre idée.  Ayant grande hâte de le lire après un achat surprise en magasin de déstockage, j’ai vite ouvert ce livre et … il m’a fallut des mois pour en venir à bout.

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Titre : Miss Dumplin
Titre VO : Dumplin

Auteur : Julie Murphy
Maison d’édition : Michel Lafon
Traduction : Isabelle Troin
Parution VF : 04 mai 2016
Nombre de pages : 376 pages
Prix : 15€95
Résumé : Willowdean est ronde, et alors ? Pas besoin d’être super slim pour s’assumer. Jusqu’au jour où elle rencontre Bo, qui porte un peu trop bien son nom, et ne tarde pas à lui voler un baiser. Mais peut-il vraiment l’aimer ? On lui a tellement dit que les filles comme elle ne sont que des seconds rôles.

Un seul moyen de retrouver confiance en elle : faire la chose la plus inimaginable qui soit… s’inscrire au concours de beauté local présidé par sa propre mère, ex-miss au corps filiforme. Entraînant dans son sillage tout un groupe de candidates hors normes, Will va prouver au monde, et surtout à elle-même, qu’elle aussi a sa place sous les projecteurs.

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mon-avis

« Je ne pensais pas arriver au bout de ce roman… »

Note : 11 / 20

J’ai bien cru ne jamais arriver au bout de ma lecture, et pourtant, ce roman semblait posséder tous les atouts pour passer un bon moment.
Autant dire que j’étais enthousiaste de découvrir l’histoire de Willowdean, cette adolescente ronde qui se rebelle, casse les codes et s’inscrit au concours de beauté que sa mère préside pour porter son message « la beauté peut avoir des formes ». Sauf que, je suis ressortie très déçue de cette longue (très longue) lecture.

Miss Dumplin est un roman qui se veut positif, tout en développant un côté plus dramatique en fond. Willowdean (Will) est une adolescente normale, bien qu’elle ne se considère pas ainsi, puisqu’elle est ronde. Sa mère la surnomme affectueusement « boulette »(Dumplin), un surnom qui fait grincer les dents de Will. La relation mère-fille est compliquée. Le catalyseur entre Will et sa mère était Lucy, sa tante et père de substitution. Mais Lucy n’est plus là. Le monde change autour de Will, sa meilleure amie à un petit copain fabuleux et toute les filles sont obsédées par le concours de Miss Lupin Junior. Will déteste le concours car sa mère en est la présidente et qu’elle trouve l’univers des concours de beauté ridicule.
Le monde de Will aurait pu bien tourner si elle n’avait pas rencontré Bo. Son fabuleux collègue de travail et camarade de classe. Bo qui porte trop bien son prénom. Will est perturbée.
Bo et Will tombent sous le charme l’un de l’autre. Mais le jour où Bo touche de le corps de Will, c’est un électrochoc. Comment assumer son corps? Will n’a pas un corps filiforme et elle le sait, elle en a aussi marre des stupides normes de beauté que sa mère affectionne. Elle décide donc de mener une rébellion, avec des filles « différentes », des amies, des marginales et de s’inscrire au concours.

Ce n’est pas que je n’aime pas rencontrer de nouvelles personnes. C’est juste que, de manière générale, je n’aime pas les nouvelles personnes que je rencontre.

Au départ, j’ai trouvé Willowdean très drôle et attachante. Je me reconnaissait un peu en Willowdean, parce que je n’ai jamais fait une taille 36 (plutôt 44 à l’heure actuelle) et que je partage son humour… caustique.
Sa passion pour la chanteuse Dolly Parton m’a parfois un peu perdu mais j’ai appris à découvrir un peu plus cette artiste vénérée en Amérique. Le caractère affirmé de Willowdean, tout comme sa passion, ont fait que je trouvais le personnage cool. Toutefois, mon avis n’a pas été le même tout au long du roman.

Plus j’avançais dans la lecture et plus Willowdean me faisait me sentir mal à l’aise. Pourquoi ? Sa relation chaotique avec sa mère. Enfin, leur manque flagrant de communication. Pour moi, Will ne fait aucun effort avec sa mère, d’accord elles ne se comprennent pas du tout, mais les réflexions de Will sont assez méchantes envers sa propre mère. L’adolescente est clairement mal à l’aise avec son corps -contrairement à ce qu’elle essaye de faire croire-, son manque de confiance en elle se transforme en méchanceté, en réflexions pas très agréables envers plusieurs personnages (dont sa meilleure amie). J’ai trouvé que Will exagérait les bonnes et les mauvaises choses, jouant un peu la Drama Queen à certains moments et son comportement m’a énervé.

L’histoire en elle-même est assez ambitieuse : concilier adolescence et différence. A l’âge ingrat , le roman tente de faire réfléchir sur le sujet de l’obésité, du physique et de la beauté. Un pari plutôt risqué.
Le roman prend alors place au Texas, dans une Amérique très clichée -pour le lectorat Français dont je fais partie- avec les lycéens qui conduisent, le « dinner » (où Will travaille), les castes entre les différents lycées, le concours de beauté, etc. Je n’ai pas spécialement adhéré à cet univers. L’univers des concours de beauté ne m’intéresse pas du tout. Pourtant, j’ai été assez amusée et touchée par la mère de Will qui elle prend ce concours très sérieusement.

Willowdean tente de sortir de ces clichés, de prouver que la beauté n’a pas de limites. Le message du roman est très important et intéressant. Pourtant, je m’attendais à mieux. L’histoire reste trop en surface, jouant sur des éléments moins importants de l’histoire. Dont la romance. D’ailleurs, j’ai détesté retrouver un triangle amoureux, qui se termine de façon pas vraiment agréable pour l’un des personnages. Pour moi, il est inutile.

L’ensemble de l’histoire reste facile et les réflexions ne vont pas très loin. Les thèmes principaux sont l’acceptation de soi, la différence ou bien la tolérance. Des thèmes que j’apprécie de retrouver dans un roman. Néanmoins, il y a clairement un manque d’approfondissement de ces différents sujets.J’ai espéré qu’il y ait plus d’originalité dans ce roman, plus de profondeur.

Le groupe de filles, les outsiders, sont hyper drôles et attachantes, elles sont accessibles et on peut facilement s’identifier à l’une d’elles. Cependant, Will a tendance à elle-même s’en moquer, à faire preuve de réflexions envers ces filles et envers les autres; alors qu’en tant que personne « hors norme » elle souhaiterait qu’on la traite normalement. Franchement, je n’ai pas aimé ce côté ambivalent du personnage. En voulant casser les clichés, j’ai trouvé que l’auteure avait tendance à vite enfermer les gens dans cases avec son personnage principal. Je suis finalement restée froide devant Will.
La partie qui m’a le plus touchée est le deuil de la jeune femme, de sa tante Lucy, et en seconde position son amitié avec Ellen. Car le roman propose une belle réflexion sur l’amitié.

Quand vous connaissez quelqu’un depuis très longtemps, vous ne le voyez pas de la même façon que les autres. Mais si vous restez amis pour ce que vous étiez autrefois plutôt que pour ce que vous êtes maintenant, c’est difficile d’ignorer toutes les choses du passé qui vous attachent encore à l’autre.

Je suis ressortie déçue par cette lecture, j’ai même pensé stopper celle-ci à plusieurs reprises. Finalement, j’ai préféré continuer et me concentrer sur le positif de l’histoire, plutôt que les défauts, les clichés et le manque de profondeur. Je pense jeter un œil à l’adaptation en film par curiosité tout de même pour voir si certains éléments ont été améliorés.

Les vraies amitiés sont faites pour durer. Elles survivent aux disputes et à l’éloignement.
Qui que vous soyez, il y aura toujours quelqu’un de plus beau, de plus intelligent ou de plus mince. La perfection n’est rien de plus qu’une ombre, un fantôme que nous pourchassons tous.

~∴~

Les points positifs :
– Un bon divertissement
– Le groupe de filles hors normes
– Les sujets du deuil, de l’amitié, de la relation fille/mère

Les points négatifs :
–  Le manque d’approfondissement
– Trop de clichés

BilanMiss Dumplin aurait pu être un coup de coeur… Mais il ne l’a pas été. Ma lecture a été laborieuse et longue. J’ai failli abandonner le roman. La cause? Une héroïne ambivalente, des sujets pas assez développés et un histoire trop simple à mes yeux.


📕 Aspect général du livre (4/5)
📖 Univers/thématiques (2.5/5)
✍️ Écriture
(2.5/5)
👥 Intrigue/Personnages (2/5)

auteur

Julie Murphy est une auteure américaine de roman pour jeunes adultes.
Julie Murphy a travaillé dans une bibliothèque universitaire lorsqu’elle a écrit son premier roman, « Side Effects May Vary » en 2014.
« Miss Dumplin » (Dumplin’, 2015), son deuxième roman, a été adapté au cinéma en 2018, avec Danielle Macdonald et Jennifer Aniston.
Elle vit au nord du Texas avec son mari.

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3 commentaires sur “Miss Dumplin (Ed. Michel Lafon)

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