Le sang des Dieux et des Rois, tome 01 de Eleanor Herman (Ed. Robert Laffont ‱ Collection R)

Je ne rĂ©siste jamais Ă  une belle couverture de livre et autant dire que la collection R de Robert Laffont regorge de livres aux couvertures sublimes. Le sang des Dieux et Rois a attisĂ© ma curiositĂ© immĂ©diatement, le rĂ©sumĂ© n’a fait qu’accroĂźtre mon envie de le lire et j’ai finalement craquĂ© en voyant que le premier tome Ă©tait disponible sur le site Net Galley.

*Je m’excuse par avance pour cette chronique un peu longue, comme vous pourrez le constater j’ai prĂ©fĂ©rĂ© argumenter un maximum pour arriver Ă  donner mon ressentie*.

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Je remercie  Net Galley et les éditions Robert Laffont pour cet envoi.

SĂ©rie : Le sang des Dieux et des Rois
Tomes :
01/03
Titre :
Le sang des Dieux et des Rois
Titre VO : Legacy of Kings : Blood of Gods and Royals
Auteur : Eleanor Herman
Maison d’édition : Hachette
Traduction : Madeleine Nasalik
Parution VF : 21 avril 2016
Nombre de pages : 454 pages
Prix : 17.90 € (papier)
RĂ©sumĂ© : Imaginez une Ă©poque ou les dieux s’amusent des souffrances des hommes.
Ou des forces maléfiques se déchaßnent aux confins du monde connu.
Ou des cendres des villes naissent des empires.
Alexandre, héritier du trÎne de Macédoine, est en passe de découvrir son destin de conquérant, mais il est irrésistiblement attiré par une nouvelle venue.
Katerina doit naviguer dans les eaux troubles des intrigues de la cour sans dévoiler sa mission secrÚte : tuer la reine.
Jacob est prĂȘt Ă  tout sacrifier pour gagner le coeur de Katerina. MĂȘme s’il doit pour cela se mesurer Ă  HĂ©phestion, tueur sous la protection d’Alexandre.
Enfin, par-delĂ  les mers, Zofia, princesse persane fiancĂ©e Ă  Alexandre malgrĂ© elle, part en quĂȘte des lĂ©gendaires et mortels DĂ©voreurs d’Âmes, seuls capables d’inflĂ©chir son destin.

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mon-avis

« Un soap opĂ©ra antique »

➜ Note : 11/20 Lire la suite

The Clan MacDougall Series, tome 01 : La fille de Laiden de Suzan Tisdale (Ed. Amazon Crossing)

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Je vous retrouve aujourd’hui pour la chronique d’un roman que j’ai dĂ©couvert sur le site Net Galley : la Fille de Laiden. En tant qu’admiratrice des highlanders et des paysages Ă©cossais je tenais particuliĂšrement Ă  dĂ©couvrir cet ouvrage. Je remercie Amazon Crossing et Net Galley pour cette lecture.

couv69872399Titre : La fille de Laiden ∎ Titre original :Laiden’s Daughter
Série : The Clan MacDougall ∎ Tome : 01
Auteur : Suzan Tisdale ∎ Maison d’édition : Amazon Crossing
Parution : 2016 (2011 VO) ∎ Nombre de pages : 464 pages
Prix : 9.99 € (brochĂ©)
RĂ©sumĂ© : Angleterre, 1343 Orpheline de mĂšre, Aishlinn est Ă©levĂ©e par son pĂšre et ses frĂšres, des ĂȘtres durs et cruels. Sa vie change Ă  jamais la nuit oĂč, confrontĂ©e Ă  la terrible violence d’un homme, elle croit commettre l’irrĂ©parable et se voit contrainte de fuir son pays. Seule, Ă  cheval, elle prend la route de l’Écosse. Son destin prend de nouveau une tournure inattendue lorsque, Ă  bout de force, elle est secourue par une bande de guerriers Highlanders, menĂ©e par le redoutable Duncan McEwan. Mais elle dĂ©couvre bientĂŽt que si ce dernier est un fĂ©roce guerrier, il n’en est pas moins un homme bon et respectueux qui fait le vƓu de la protĂ©ger. EntourĂ©e des Highlanders, Aishlinn reprend goĂ»t Ă  la vie et dĂ©couvre peu Ă  peu que, loin d’ĂȘtre ordinaire et insignifiante comme elle le croyait, elle possĂšde une force et un charme qui sĂ©duisent les hommes. Parviendra-t-elle Ă  Ă©chapper aux Anglais lancĂ©s Ă  sa poursuite ? Doit-elle rĂ©sister Ă  l’attirance irrĂ©pressible qui la pousse vers Duncan ? Au milieu des paysages sauvages des Highlands, Aishlinn, la fille de Laiden, va devoir faire face Ă  son destin.

 

mon-avis

⭐

« Une lecture sympathique mais pas inoubliable »

10/20

Si vous recherchez un roman qui mĂȘle romance et aventure, oĂč des jeunes femmes en dĂ©tresse se font sauver par de beaux guerriers en Kilt, il se pourrait que La Fille de Laiden soit fait pour vous. Malheureusement, personnellement  je m’attendais Ă  autre chose.

La Fille de Laiden est ce qu’on pourrait appeler un livre dĂ©tente ou une lecture divertissante. L’histoire d’Aishlinn, une jeune demoiselle de 19 ans qui fuit pour sauver sa vie, m’a captivĂ©e dĂšs le premier chapitre. Aishlinn est ce que l’on pourrait appeler une jeune femme en dĂ©tresse. Tous les Ă©lĂ©ments que nous dĂ©voile Suzan Tisdale sur le personnage d’Aishlinn aident Ă  s’attacher Ă  elle. La vie de la jeune femme est Ă©videmment digne d’un bon roman d’aventure. La mĂšre d’Aishlinn, Laiden, une Highlander est dĂ©cĂ©dĂ©e alors qu’elle Ă©tait trĂšs jeune. S’en suit alors une vie dictĂ©e par les hommes autour d’elle :  Ă©levĂ©e par un pĂšre qui ne l’aimait pas, abandonnĂ©e et maltraitĂ©e ses frĂšres, rĂ©duite Ă  servir dans la demeure d’un comte. Comte qui Ă©videmment est un homme abjecte qui tente de profiter de la jeune fille. Alors Aishlinn commet une erreur et doit faire face Ă  son destin : fuir ou mourir.
Autant dire que nous prenons trĂšs rapidement pitiĂ© car le destin semble s’acharner sur elle. Aishlinn a  Ă©tĂ© vendue par sa propre famille, maltraitĂ©e par les hommes de son entourage, puis battue par un monstre ; la violence semble faire partie quotidien. La jeune femme a donc perdue toute confiance en elle et en l’espoir de se sortir de son quotidien. Pourtant Aishlinn est un personnage assez surprenant, car derriĂšre sa faiblesse apparente elle est capable de montrer une force de volontĂ© admirable.  Et c’est cette force qui va la sauver et l’amener sur la terre de ses origines.
De l’Angleterre, l’histoire de La fille de Laiden va nous conduire au cƓur de l’Écosse. Et c’est durant sa fuite dans les Highlands (l’Écosse), Aishlinn va faire une rencontre dĂ©terminante pour son avenir : des Highlanders. Des guerriers forts, aux grands cƓurs qui vont se porter volontaire pour aider la jeune femme. Ces hommes forts et protecteurs vont adopter la cause d’Aishlinn et s’attacher Ă  elle, surtout un en particulier, le valeureux Duncan. Car rappelons-le, le roman mĂȘle aventures et romance au cƓur des Highlands.

Suzan Tisdale nous offre une belle histoire, une romance historique fictive se dĂ©roulant au XIVĂšme siĂšcle. L’Ă©criture est fluide, agrĂ©able,  j’ai Ă©tĂ© sincĂšrement ravie de dĂ©couvrir les paysages Ă©cossais Ă  travers la plume de Suzan Tisdale. Aussi, j’ai trouvĂ© que l’intrigue Ă©tait plutĂŽt bien composĂ©e, au dĂ©but j’ai aimĂ© alterner entre action et moments plus calmes oĂč le lecteur se pose des questions et oĂč plusieurs Ă©lĂ©ments dĂ©voilant la rĂ©vĂ©lation finale sont prĂ©sents. Alors oĂč est le problĂšme? SincĂšrement, je me suis ennuyĂ©e.
boredLa premiĂšre partie Ă©tait trĂšs intĂ©ressante Ă  suivre. La fuite d’Aishlinn, l’action, le suspens et la peur de la jeune femme constituent un cocktail idĂ©al  pour nous accrocher. Aishlinn est attachante, maladroite et son parcours est assez incroyable. J’ai espĂ©rĂ© que cette force qu’avait rĂ©ussie a acquĂ©rir Aishlinn soit au rendez-vous dans la seconde partie. Ce fut un drame. Car dĂšs que l’histoire s’est concentrĂ©e sur la romance, Aishlinn a fondue comme de la guimauve. J’avais apprĂ©ciĂ© son cĂŽtĂ© fragile et peu sur d’elle dans la premiĂšre partie, au fil des pages j’avais envie de lui en coller une, car Aishlinn ne fait que ça « douter ». Je ne suis pas jolie, je ne suis pas assez bien, comment peut-il s’intĂ©resser Ă  moi, etc… en veux-tu. Et sur plus de 200 pages c’est long. Évidemment, pour surenchĂ©rir j’ai trouvĂ© la rĂ©vĂ©lation finale trop prĂ©visible.

Cette seconde partie m’a fait redescendre de mon nuage car j’avais espoir que l’aventure prime sur la romance, ce qui Ă©videmment n’est pas arrivĂ©. La romance entre Aishlinn et Duncan nous fait tourner en rond tout le long de la seconde partie, juste pour le plaisir de confirmer sans cesse leurs doutes.
Encore une chose que je dĂ©teste : les stĂ©rĂ©otypes. Et La fille de Laiden en compte beaucoup (trop). Les clichĂ©s accumulĂ©s tout au long du roman m’ont fait grincer des dents plus d’une fois. La description des highlanders : ils se baladent en Kilt, torses nus, ils ont des cuisses et des bras aussi gros que des troncs d’arbres (sĂ©rieux?) par exemple. Ce n’est pas la premiĂšre fois que je tombe sur ce genre de description et sincĂšrement je n’en peux plus.  Pour en rajouter un peu Ă  la liste, mĂȘme si j’ai aimĂ© le style d’Ă©criture, le vocabulaire employĂ© m’a paru trop familier (moderne) Ă  certains moments. Pour un roman qui est censĂ© se passer en 1343, ça ne passe pas.  De plus, le terme « jeune fille » revient trop souvent, tellement que ça en devient gĂȘnant.

Ce livre est mon premier roman de cette auteure et je constate que Suzan Tisdale ne s’est pas arrĂȘtĂ©e Ă  cette aventure. En un sans, j’ai beaucoup apprĂ©ciĂ© les personnages secondaires et je serais assez curieuse de dĂ©couvrir les tomes suivants, nĂ©anmoins si les suites se prĂ©sentent de la mĂȘme maniĂšre je ne suis pas certaine de vouloir en lire plus. Je pense que ce genre de livre n’est pas vraiment fait pour moi, mĂȘme pour une « lecturedĂ©tente ».

BilanJe n’ai pas Ă©tĂ© emportĂ©e par ce premier tome. Si la premiĂšre partie me paraissait prometteuse, la seconde partie plus axĂ©e sur la romance m’a ennuyĂ©e.

 

citations1

Dans les contes de fĂ©es de Moirra, les Highlanders Ă©taient non seulement immenses, mais Ă©galement dĂ©crits comme velus et dotĂ©s d’allures bestiales. Si Aishlinn s’accordait pour dire qu’ils Ă©taient tous trĂšs grands et charpentĂ©s, elle ne leur trouvait pas nĂ©cessairement des allures de bĂȘtes. Moirra l’avait aussi prĂ©venue que les Highlanders aimaient leurs boissons corsĂ©es et leurs femmes disponibles.

auteur

Suzan Tisdale est auteure de romance.

En dĂ©cembre 2011, elle publie sur Amazon « La fille de Laiden » (Laiden’s Daughter, The Clan MacDougall Series – Book One). DĂšs fĂ©vrier 2012, le roman est n°2 du top des ventes et l’aventure commence. En octobre 2012, Suzan quitte son travail pour se consacrer Ă  son mĂ©tier d’écrivain. Elle a publiĂ© plus de 15 ouvrages Ă  ce jour.

Babelio // Livraddict

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Couverture VO

Source des images :  Giphy, Livraddict et Amazon

romances-historiques

La Belle et la BĂȘte de Madame de Villeneuve (Ed. Gallimard/Folio)

la-belle1La Belle et la BĂȘte est un probablement un de mes contes prĂ©fĂ©rĂ©s. J’avoue, je l’ai dĂ©couvert assez tardivement grĂące Ă  la version de Disney et elle m’a marquĂ©e d’une maniĂšre inflexible. J’ai Ă©tĂ© charmĂ© par la bĂȘte, la malĂ©diction qu’il subit, par l’histoire de cette rose enchantĂ©e et la morale finale. Aussi, plusieurs mois aprĂšs avoir vu la version de Christophe Gans au cinĂ©ma, j’ai laissĂ©e la version de Mme de Villeneuve me charmer… Retour sur la premiĂšre version de ce conte merveilleux.

~*~
la belle et la bĂȘteTitre : La Belle et la BĂȘte
Auteur : Madame de Villeneuve (Gabrielle)
Maison d’Ă©dition : Gallimard
Collection : Folio (Série femmes de lettres)
Parution : 1740 // 2014
Nombre de pages : 144 pages
Prix  : 2€
RĂ©sumĂ© : Le monstre se fit entendre. Un bruit effroyable, causĂ© par le poids Ă©norme de son corps, par le cliquetis terrible de ses Ă©cailles et par des hurlements affreux, annonça son arrivĂ©e. En voyant approcher la BĂȘte, qu’elle ne put envisager sans frĂ©mir en elle-mĂȘme, la Belle avança d’un pas ferme, et d’un air modeste salua fort respectueusement la BĂȘte. Cette dĂ©marche plut au monstre et, se retournant vers la Belle, il lui dit :  » Bonsoir, la Belle

mon-avis⭐⭐⭐

14 / 20

 Avant toute chose, je me dois de rappeler que si le conte de La Belle et la BĂȘte est si connu aujourd’hui, ce n’est pas seulement grĂące Ă  un certain studio dont le nom commence par la lettre D, mais bel et bien grĂące Ă  la version de Madame Leprince de Beaumont  – une version raccourcis de la version de Mme de Villeneuve -.
Gabrielle (de son prénom) de Villeneuve est cependant la premiÚre à faire apparaßtre ce conte, trop souvent oublié, dans le recueil : La jeune Américaine et les contes marins .

La version proposée par Folio est une version raccourcis de la version de Mme de Villeneuve.
Le conte est divisé en deux parties distinctes, comme la version originale.
Dans la premiĂšre partie, nous retrouvons l’histoire de la Belle : une fille de marchand qui pour sauver son pĂšre va sacrifier sa libertĂ© Ă  un monstre nommĂ© la BĂȘte.
Jusqu’ici rien de bien nouveau (non?). Allons bon!

La Belle est la fille d’un marchand
dont la fortune faisait le bonheur de sa famille. Et un jour, son pĂšre souffre d’un revers de fortune. Ses bateaux, chargĂ©s de marchandises, finissent par disparaĂźtre au milieu de l’ocĂ©an. Du jour au lendemain, la famille passe d’une vie aisĂ©e Ă  la ruine.
La fortune disparue, le marchand dĂ©cide d’emmener ses enfants vivre dans leur modeste propriĂ©tĂ© Ă  la campagne contrairement Ă  leur vaste demeure.
Un changement difficile pour les enfants du marchand, les frùre et sƓurs de la Belle tentent bien que mal à croire leur ce qui leur arrive.
Le temps fini par passer et, alors que leur nouvelle condition semble avoir Ă©tĂ© acceptĂ©e par la Belle et ses frĂšres, ses sƓurs ne cessent de penser Ă  leur ancienne vie. La fortune, les prĂ©tendants ont pourtant bien vite disparus aprĂšs la chute de leur condition de vie.
Alors que tout semble les contraindre Ă  cette nouvelle vie, le pĂšre reçoit une nouvelle d’un de ses bateaux et se rend au port afin de constater l’Ă©tat de ses marchandises.
PillĂ©s par ses anciens associĂ©s, il dĂ©cide d’annoncer la mauvaise nouvelle Ă  ses enfants. Alors qu’il rentre, il se perd et tombe sur un magnifique chĂąteau. Le chĂąteau est dĂ©sert, pourtant une vaste table est garnie de nourriture et l’homme y succombe. Satisfait de son repas et des trouvailles qu’il fait dans le chĂąteau, il repense Ă  la promesse faite Ă  sa benjamine de lui ramener une rose. Alors, il dĂ©cide d’en cueillir une dans le fabuleux jardin. Seulement, il se fait interrompre par un monstre, la BĂȘte.
Le marchand, traitĂ© de voleur, se voit poser un ultimatum. La BĂȘte veut faire prisonnier cet homme dans sa demeure, sauf s’il propose Ă  une de ses filles de sacrifier sa libertĂ© en Ă©change de celle de son pĂšre. Et la Belle, dont n’a cessĂ© de parler le pĂšre, est celle qui accepte ce marchĂ©.
Mais vous connaissez la suite j’en suis sĂ»re, alors je n’en dĂ©voilerai pas plus.
Cette premiĂšre partie est la plus agrĂ©able Ă  lire, l’Ă©criture est fluide et le vocabulaire riche.  Pas de « Il Ă©tait une fois » au dĂ©but du rĂ©cit, mais on comprend vite qu’il s’agit d’un rĂ©cit imaginaire. Le chĂąteau Ă©volue dans un monde en dehors du temps, et de l’espace (pas de noms de lieu), alors que le rĂ©el est trĂšs prĂ©sent dĂšs le dĂ©but du rĂ©cit. Ce monde coupĂ© de l’extĂ©rieur, semble sortir tout droit d’un rĂȘve, ne serait-ce par ses description et cette coupure spatio-temporelle.
Dans cette demeure, la Belle Ă©volue en dĂ©couvrant chaque jour de nouvelles choses. CrĂ©atures et dĂ©cors exotiques, de nouvelles tenues toutes plus belles les unes que les autres, et une fenĂȘtre sur le monde grĂące Ă  une piĂšce renvoyant le monde extĂ©rieur. La Belle a accĂšs aux concerts, aux spectacles qui ont lieu partout dans le monde (un genre de tĂ©lĂ©vision du XVIIIĂšme siĂšcle).
Ce monde est beau, enchanteur, et fĂ©erique. TrĂšs sincĂšrement, j’ai adorĂ© cette partie empreinte d’un imaginaire trĂšs vaste et bien Ă©crite.

La seconde partie nous réserve beaucoup de surprises.
L’histoire de la malĂ©diction du prince y est Ă©voquĂ©e, ainsi que les origines de La Belle. Et cette partie est longue, trop longue. Le rĂ©cit est constituĂ© comme un long tĂ©moignage, oĂč on nous relate les origines de la BĂȘte mais aussi, celles de la Belle. Les phrases se suivent et on se perd dans les explications de la fĂ©e qui nous relate cette partie. De plus, les tĂ©moignages de bontĂ©s et de respects dont font preuves les diffĂ©rents personnages rendent le rĂ©cit parfois Ă©touffant.
Cette partie est trop compacte et peu aĂ©rer. MĂȘme si le fond est intĂ©ressant (quoique certaines explications semblent sortir de nulle part), dans la forme, le style d’Ă©criture est trop soutenue (et je ne parle pas de la variĂ©tĂ© des conjugaisons qui ne cesse d’interroger le lecteur). Je ne le cache pas, certaines phrases m’ont demandĂ©es plusieurs lectures. Et pendant ce temps lĂ , entre les bizarreries et les phrases trop lourdes, on s’ennuie ferme…

; nnj

~*~

Les points positifs : 
la premiĂšre partie
– les descriptions fĂ©eriques
– une belle morale, des rĂ©flexions intĂ©ressantes sur la vie
– une plongĂ©e dans le XVIIIĂšme siĂšcle
Les points négatifs :
– le style d’Ă©criture (parfois un peu lourd pour notre Ă©poque et pas forcĂ©ment accessible pour les lecteurs les plus jeunes)
– quelques dĂ©tails qui semblent sortir de nulle part et qui nous laisse sans rĂ©ponses.

Bilan

Dans l’ensemble, j’ai adorĂ© cette histoire. Ce n’est pas seulement un simple conte, on y retrouve des Ă©lĂ©ments historiques du XVIIIĂšme siĂšcle, ainsi qu’une rĂ©flexion sur la sociĂ©tĂ© bourgeoise. La premiĂšre partie est trĂšs pertinente dans le traitement des personnages. On passe des sƓurs jalouses et superficielles, Ă  la Belle, une jeune femme gentille, douce et brillante. On trouve dans ce rĂ©cit une rĂ©flexion sur le mariage, les liens  filiaux et le sens de l’amitiĂ©…
Et que dire de cette morale finale, de ses conseils prodiguĂ©s tout au long du rĂ©cit, et des questionnements sur le caractĂšre et le statut de la femme… Non dĂ©finitivement le style d’Ă©criture est un intelligent. Dommage que l’Ă©criture de la seconde partie se perde en longueur et incohĂ©rences et gĂąche presque le reste de cette belle histoire.

citations1
Il est plus avantageux d’avoir un mari d’un caractĂšre aimable que d’en avoir un qui n’ait que la bonne mine pour tout mĂ©rite. Combien de filles Ă  qui l’on fait Ă©pouser des BĂȘtes riches, mais plus bĂȘtes que la BĂȘte, qui ne l’est que par la figure, et non par les sentiments et par les actions?
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Juge, en me voyant, si ma compagnie est mĂ©prisable, et ne doit pas ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ©e Ă  celle d’une famille indigne de toi.

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Il est plus facile de raisonner sur l’amour que de le vaincre.
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Un signe, le moindre geste exprime parmi nous tout ce que le vulgaire ne pourrait prononcer en trois jours.

auteur
Gabrielle-Suzanne de Villeneuve (1685-1755) est l’auteur de l’un des contes de fĂ©es les plus cĂ©lĂšbres de la littĂ©rature française. Venue tardivement Ă  la littĂ©rature, elle est Ă©galement l’auteur de plusieurs autres contes et romans, parmi lesquels La JardiniĂšre de Vincennes qui connut un grand succĂšs.

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